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Écologie
 

Contaminations en toxiques des cours d’eau

* Un toxique ou micropolluant est une substance susceptible de provoquer de graves perturbations sur les espèces.

* Elle n’est présente dans les milieux à l’état naturel qu’en de très faibles quantités (micropolluants minéraux), voire absente (pesticides et PCB).

 
 
Contaminations PCB

* Les polychlorobiphényles/polychloroterphényles communément nommés PCB sont des polluants organiques persistants, bioaccumulables, difficilement biodégradables, très toxiques avec de nombreux effets neurologiques ou endocriniens.
Ils sont, en outre, classés en tant que substances probablement cancérigènes pour l’homme.

* Les dioxines et furanes (respectivement 75 et 135 molécules différentes ou « congénères » ), sous-produits de combustion ou de réactions chimiques impliquant le chlore ont les mêmes effets et sont regroupés dans la même famille de micro polluants que les PCB avec lesquels ils sont d’ailleurs souvent mélangés.

* Les PCB sont des produits de synthèse abondamment fabriqués entre les années 30 et 80. Ces substances (209 « congénères ») très stables thermiquement furent utilisées comme plastifiants, fluides caloporteurs et isolants électriques.
La présence des PCB dans l’environnement est donc d’origine exclusivement anthropique.

* Les PCB sont des substances hydrophobes, rarement rencontrées dans l’eau, leur présence y dénote une très forte contamination. Les PCB se retrouvent donc préférentiellement dans les sédiments et surtout dans la matière grasse des êtres vivants. C’est dans ces deux compartiments qu’ils doivent être détectés en priorité. Compte tenu du coût élevé des analyses chimiques nécessaires pour vérifier l’acceptabilité au regard des normes alimentaires sur ces éléments, la détection environnementale privilégie la recherche de PCB dits « indicateurs », au nombre de 6 ou 7 selon les cas.

* La cartographie départementale qui est proposée ci-après reprend les données disponibles à la DREAL Languedoc-Roussillon, issues en grande partie (sauf pour la Lozère et l’ouest audois), de celles compilées dans la base de bassin du SIE eau RMC, suite aux inventaires diligentés par la DREAL Rhône-Alpes, délégation de bassin, entre 2008 et 2012. S’y ajoutent les données « sédiments » des points de suivis des réseaux nationaux (RNB ante-2007, RCS/RCO depuis).

* L’essentiel de la connaissance a trait à la contamination des sédiments ( 54 points investigués dans la région entre 2001 et 2013). Le niveau de connaissance sur les poissons (intégrateurs biologiques privilégiés) est géographiquement bien moins fort, seules une vingtaine d’investigations ont été financièrement possibles depuis 2008 sur les cours d’eau et canaux. Elles furent menées en aval des zones où les pressions étaient supposées les plus fortes (plates-formes industrielles, conurbations…) mais certains secteurs mériteraient des compléments au vu des résultats sur eau et sédiments.

* Les secteurs aujourd’hui identifiés comme les plus touchés au plan environnemental en Languedoc-Roussillon sont l’aval de la Têt (rivière la Basse) dans les Pyrénées-Orientales ; l’axe Aude, l’Orbiel et le canal de la Robine dans l’Aude ; le Lez et le canal Philippe-Lamour dans l’Hérault ; l’Avène y compris sa confluence avec le Gardon d’Alès, le Vistre et bien entendu le Rhône / Petit Rhône dans le département du Gard. Au plan sanitaire, seule la contamination des poissons de la Têt est du même ordre de grandeur que celle des poissons du Rhône, considérée comme une référence.

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Contaminations Pesticides

* 44 stations régionales, réparties sur divers cours d’eau montrent une contamination en zone agricole, 85 pesticides détectés sur 461 recherchés en moyenne, en baisse par rapport aux chiffres 2009 (123 pesticides détectés sur 387 recherchés) mais stable par rapport à 2010.
En 2011, aucune station n’a été exempte de pesticides, alors qu’en 2010 aucun des pesticides recherchés n’avait été détecté dans 20% des stations (certes, avec 30 stations de plus), et 6% en 2009 (sur un nombre similaire de stations : 49).
Les principales molécules retrouvées sont des herbicides, au premier rang desquels le glyphosate et surtout son métabolite l’AMPA. Les triazines détectées (30% des stations) le sont généralement dans les prélèvements de printemps. Globalement on retrouve les même pesticides qu’en 2010. On note toutefois la diminution des substances interdites tels que le diuron ou son métabolite, et l’absence en 2011 de l’aminotriazole ou du fosétyl.

* L’évolution de la qualité des eaux sur la période 2008-2011 :
On enregistre une amélioration sur l’Hérault, l’Agly aval et la Têt, mais dégradation sur l’Aude aval, le Fresquel et le Vistre. Ces évolutions sont en lien direct avec le nombre de pesticides retrouvés : en diminution en cas d’amélioration et l’inverse en cas de dégradation.
L’exemple très parlant du Briançon montre bien l’efficacité des actions menées sur le terrain par les viticulteurs du bassin versant.

* Globalement, les interdictions de produits phytosanitaires montrent un effet sur la diminution des problèmes engendrés par ces substances.
L’analyse de l’évolution de la qualité de l’eau superficielle reste subjective mais elle nous indique cependant que la problématique des pesticides est récurrente mais toutefois des améliorations sont possibles à travers un faisceau d’actions.

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Contaminations Métalliques

* Les données disponibles sur 4 compartiments (eau, sédiments, bryophytes et poissons) permettent de délimiter les principales zones affectées par des contaminations métalliques dans les rivières du Languedoc-Roussillon.

* Le fond géochimique naturel, le passé minier et les activités anthropiques actuelles (urbanisation, voies de transport, agriculture, industrie) expliquent ces apports de métaux aux cours d’eau.

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