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Développement durable, évaluation environnementale

Les déchets dangereux pour l’homme et l’environnement collectés et traités de manière spécifique (diagnostic)

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publié le 10 février 2014

Depuis 2002, les Régions ont compétence en matière de déchets dangereux. La Région Languedoc-Roussillon a ainsi adopté en 2009 son plan régional d’élimination des déchets dangereux (PREDD) et défini un plan d’actions pour sa mise en œuvre. Il retient 4 orientations principales :

  • la réduction de la production et de la nocivité des déchets dangereux,
  • la valorisation des déchets dangereux,
  • l’optimisation de la collecte et de la prise en charge des flux de déchets dangereux diffus,
  • d’optimisation du transport de déchets dangereux.

Une connaissance encore incomplète des gisements de déchets dangereux

D’après le bilan établi pour l’année 2011 dans le cadre du Plan régional d’élimination des déchets dangereux, les déchets dangereux captés représentent un gisement estimé à environ 200 000 tonnes. Les secteurs du traitement des eaux et des déchets, de la chimie et de la construction/démolition (terres polluées, amiante…) sont identifiés comme étant les plus générateurs de déchets dangereux en région. Parmi eux, on compte les déchets produits par les « gros producteurs » et ceux produits de manière diffuse.
Le secteur industriel est un gros producteur de déchets dangereux, de nature très diverses : déchets solides, liquides, huiles et solvants usagés, produits chimiques, piles et accumulateurs, résidus d’épuration des fumées des incinérateurs, terres polluées… Les gisements des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) sont relativement bien connus. Avec 160 000 tonnes en 2011, ils représentent plus des trois quarts du gisement global produit et capté en région, et près de la moitié du gisement global traité (mais produit hors région) par les installations régionales. Ils proviennent majoritairement d’établissements situés dans l’Aude, et dans une moindre mesure dans le Gard, l’Hérault et les Pyrénées orientales. ECRIN Comurhex (Malvési-Narbonne) dans l’Aude produit la moitié des tonnages des gros producteurs (hors déchets radioactifs, voir pages risques technologiques accidentels).
Les déchets issus des activités de soins sont aussi potentiellement dangereux et méritent attention même s’ils représentent des quantités moindres : ils sont estimés pour la région à 8 000 tonnes par an, la majeure partie provenant des établissements hospitaliers, qui éliminent en interne ce type de déchet. Près de 85% de ce gisement a été collecté en 2011.
Les déchets produits de manière diffuse par les activités artisanales ou commerciales, les activités agricoles, de soins… sont difficiles à quantifier. Une partie des volumes concernés est connue via les déchèteries et les dispositifs de collecte spécifique (Garage propre, Opération vidange propre, Imprimvert, Adivalor, Corepile, Recyclum, collecte en pharmacie…). En 2011, 41 000 tonnes de déchets diffus ont été captés. Ils sont pour l’essentiel issus des activités économiques (PME-PMI, activités portuaires, exploitations agricoles), des activités de soins par des professionnels de santé en dehors des établissements hospitaliers ou par les patients en auto-traitement et des ménages. Ces déchets présentent des risques importants pour les personnes et pour l’environnement s’ils ne suivent pas des filières adaptées de collecte et de traitement.
Enfin, une partie des déchets dangereux des ménages sont captés par les déchèteries, qui accueillent pour plus des trois quarts ce type de déchets. En 2011, le gisement collecté est de 3 110 tonnes, ce gisement comprend aussi des tonnages apportés par des professionnels, lorsqu’un accord est conclu avec les collectivités gestionnaires des décheteries.

Des capacités de traitement de déchets dangereux couvrant l’essentiel des besoins

Le parc d’installation de traitement de déchets dangereux en région Languedoc-Roussillon, constitué d’une quinzaine de sites, permet de couvrir l’essentiel des besoins, limitant ainsi fortement les exportations de déchets dangereux produits :

  • 2 unités de co-incinération en cimenterie, 2 unités d’incinération des déchets ménagers pour les déchets des activités de santé à risque infectieux et 1 unité de valorisation,
  • 1 installation de stockage de déchets dangereux (Bellegarde),
  • 10 installations de stockage des déchets inertes possédant des casiers de stockage d’amiante,
  • 1 installation de traitement interne est également implantée sur le site ECRIN Comhurex à Malvési-Narbonne.

L’ensemble de ces installations permettent le traitement d’environ 400 000 tonnes de déchets dangereux, dont environ 30% produits en région (les deux-tiers du gisement régional de déchets dangereux), la partie restante provenant pour l’essentiel des régions limitrophes (PACA, Rhône-Alpes, Midi-Pyrénées, Aquitaine). La valorisation énergétique est le traitement le plus répandu puisqu’il permet l’élimination de près de 40% des déchets dangereux. Plus d’un tiers des volumes concernés sont stockés dans l’installation interne ECRIN Comurhex et dans l’installation de stockage des déchets dangereux de Bellegarde. Plus de 20% des déchets dangereux sont recyclés, ou font l’objet de traitement biologique ou physico-chimique.
Pour certains déchets dangereux (acides bases, gaz, piles, accumulateurs, solvants usés), il n’existe pas d’exutoire en région, ils sont en conséquence regroupés dans des installations spécifiques avant leur transfert, pour l’essentiel en Rhône-Alpes, PACA et Midi-Pyrénées, mais également en Espagne et en Italie. Ils représentent plus d’un tiers des déchets dangereux produits en région.



En savoir plus :
Plan régional d’élimination des déchets dangereux