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Développement durable, évaluation environnementale
 

Les départements - Diagnostic

 
 

Aude

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publié le 10 juin 2014 (modifié le 25 juin 2014)

Cadrage Occupation
438 communes
633 300 hectares (22% de la région)
365 854 habitants en 2010 (14% de la région)
38 % forêts
15 % pelouses, garrigues, maquis
3 % milieux humides et aquatiques
<1 % autre espaces naturels
2 % prairies
20 % vignobles
18 % terres arables et autres surfaces agricoles
4 % zones artificialisées
Milieux naturels Paysage
65 % de ZNIEFF
20 % de ZICO
13 % de sites Natura 2000
< 1% de SCAP protection forte
Sites classés : 2 %
Sites inscrits : 2 %
Ressources en eau Consommation d’espace
73 ME cours d’eau en bon état (sur 177)
0 ME plan d’eau en bon état (sur 3)
2 ME de transition en bon état (sur 8)
0 ME côtière en bon état (sur 1)
11 ME souterraines en bon état (sur 19)
SAGE : 39 %
Evolution de la tache urbaine entre 1999 et 2010 : + 17%

Evolution de la population entre 1999 et 2010 : +15%
Sols Risques Naturels
Sites pollués BASOL :
aucun site mis en sécurité et/ou devant faire l’objet d’un diagnostic
2 sites en cours d’évaluation
2 sites en cours de travaux
9 sites traités avec surveillance et/ou restriction d’usage
aucun site traité et libre de toute restriction
Part des communes dotées d’au moins un PPR inondation :
approuvé : 31% (136 communes)
prescrit : 2% (8communes)
Part des communes dotées d’au moins un PPR mouvement de terrain
approuvé : < 1% (2 communes)
prescrit : aucune
Risques industriels
11 sites Seveso : 1 seuil haut, 10 seuil bas

SYNTHESE

L’Aude, Pays Cathare, se caractérise avant tout par une grande diversité des paysages de la Méditerranée aux contreforts des Pyrénées. Il est le siège d’un important patrimoine historique, abbayes et cloîtres romans, Cité médiévale de Carcassonne, Narbonne la Romaine, grottes préhistorique…

Il apparaît comme un département aux dynamismes démographique et économique peu marqués, placé à la périphérie de deux pôles régionaux de croissance forte (Toulouse et Montpellier). La culture du blé et les vignobles (Corbières, Minervois) occupent l’essentiel de l’espace agricole. L’occupation urbaine y est contrastée : zones à forte pression d’urbanisation sur le littoral et le long du sillon audois (large influence des agglomérations de Narbonne et Carcassonne, et du Lauragais avec phénomène d’étalement urbain) et secteurs avec moindres pressions ailleurs. Les nombreuses infrastructures de transport traversant la plaine, et le projet de ligne ferroviaire à grande vitesse renvoient également, au-delà de la problématique de consommation d’espace, à un enjeu de fragmentation du territoire, avec des incidences sur la fonctionnalité écologique et les paysages. En dépit de ses richesses naturelles, le département de l’Aude est relativement pauvre en espaces de protection forte (réserves naturelles, arrêtés de biotope, …) ou inclus dans le réseau Natura 2000. Il compte néanmoins l’un des trois parcs naturels régionaux et parmi plusieurs sites classés, le grand site du massif de la Clape.

Dans le domaine des pressions environnementales, l’Aude se singularise par une dégradation plus marquée des milieux aquatiques (seulement 40% des masses d’eau cours d’eau sont en bon état), et plus particulièrement sur le sillon audois : rejets urbains des grands pôles Narbonne et Carcassonne, activité agricole intensive à l’amont et orientée sur la viticulture ailleurs, densité d’ouvrages hydrauliques infranchissables pour la faune. Le Lauragais est un des secteurs identifiés par les schémas directeur d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) Rhône-Méditerranée et Adour-Garonne comme nécessitant des efforts pour la réduction des pollutions diffuses. La plupart des milieux aquatiques littoraux (lagunes, eaux côtières) n’ont également pas atteint le bon état, reflet des pollutions à l’échelle des bassins-versants. Si des démarches globales pour la gestion de l’eau sont en cours (60% du département concerné par un schéma d’aménagement et de gestion des eaux ou un contrat de milieu), elles ne couvrent pas encore des secteurs à enjeux tels la vallée de l’Aude médiane et ses affluents Cesse et Orbières, et désignés comme tel par le SDAGE Rhône-Méditerranée.

L’exploitation des ressources naturelles laisse apparaître des prélèvements en eau plutôt modérés par rapport aux autres départements littoraux de la région (un peu plus de 10% des prélèvements régionaux). Une partie de l’eau prélevée provient des départements voisins via le canal du Midi, et le réseau d’irrigation Bas-Rhône Languedoc (BRL). Pour autant, la tension sur la ressource est forte, et la quasi-totalité du département est considéré comme prioritaire pour la mise en place de mesures adaptées pour un rééquilibrage entre besoins et ressources. Ainsi, un outil réglementaire pour une gestion fine des prélèvements a été mobilisé sur les bassins de l’Aude médiane, particulièrement stratégique pour l’alimentation en eau potable (plusieurs captages dits prioritaires à l’échelle nationale) et de l’Hers, et sur 2 nappes d’eau souterraine. Le développement croissant du tourisme sur le littoral rend d’autant plus importante la gestion de la ressource en eau, notamment dans un contexte de changement climatique qui pourrait encore exacerber ces tensions. Des réflexions sont actuellement en cours pour le prolongement et le maillage du canal Bas-Rhône Languedoc, acheminant l’eau du Rhône aujourd’hui dans le Gard et l’Hérault, jusque dans l’Aude (projet Aqua Domitia).

Toujours concernant les ressources naturelles, l’Aude est le département français bénéficiant du meilleur gisement de vent pour le développement de l’éolien, ce fort potentiel étant concentré dans la plaine littorale. L’Aude concentre près de 60% de la production d’énergie régionale issue de l’éolien et la moitié de la puissance autorisée. Par ailleurs, même si le littoral méditerranéen apparaît comme peu favorable au développement de l’éolien en mer (attractivité touristique, activités maritimes intenses, biodiversité riche), une zone moins défavorable est néanmoins identifiée au large de la limite séparative entre l’Aude et l’Hérault.

Le département est particulièrement concerné par le risque inondation (crue et risque de submersion marine), et deux territoires à risque important y ont été identifiés (Narbonne et Carcassonne). Plusieurs établissements industriels à risques (établissements Seveso) sont recensés, dont la moitié est installée dans à Port la Nouvelle. Il est également le siège de l’un des deux sites nucléaires de la région, l’établissement Comurhex à Narbonne-Malvési, qui intervient dans l’amont du cycle du combustible nucléaire.