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Écologie

Menaces et causes de disparition

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publié le 16 octobre 2014 (modifié le 31 octobre 2014)

La cistude a pu se maintenir dans les zones humides de la région grâce aux Hommes. Ce sont eux qui creusent, entretiennent et restaurent son habitat et plus particulièrement, les agriculteurs. Pourtant, depuis quelques décennies, les usages et les pratiques ayant évoluées, l’Homme représente une menace importante.

Principales menaces concernant la cistude d’Europe en Midi-Pyrénées  :

  • Perte d’habitats aquatiques et terrestres

L’intensification de l’agriculture à partir des années 60 a entraîné une nette diminution des surfaces en herbe au profit de la céréaliculture.
Parallèlement, l’abandon de l’élevage traditionnel a conduit à un désintérêt des agriculteurs pour les surfaces en herbe peu productives aujourd’hui victimes d’enfrichement. La perte de ces milieux herbacés ouverts est particulièrement défavorable à la cistude qui les utilise comme sites de ponte.

  • Dégradation de la qualité des habitats

Gérés pour la pisciculture ou pour les activités de loisirs, de nombreux étangs sont régulièrement « débarrassés » de la végétation aquatique jugée inutile. Refuge pour la cistude, mais également biotope des nombreux invertébrés qui composent son régime alimentaire, la présence de la végétation aquatique garantit à l’espèce des conditions de vie favorables au sein d’un étang. De la même manière, la végétation rivulaire (roselière, jonchaie, cariçaie, saulaie) qui offre tranquillité, postes d’insolation et sites d’hivernation à la cistude, est souvent sacrifiée au profit d’un accès facilité aux berges. Ajoutées à ces destructions « volontaires », l’introduction de poissons herbivores (Carpe chinoise) induit une importante régression des herbiers aquatiques. Ces atteintes à l’habitat, contraignant l’espèce à s’adapter à des conditions de vie peu favorables, ponctuellement associées à des pollutions diffuses, fragilisent les populations. L’endiguement des fleuves et des cours d’eau a également considérablement réduit les potentialités de ces milieux de vie, jadis très fréquentés par la cistude. Ceux-ci jouaient par ailleurs un rôle important dans les échanges entre populations et dans la cohésion d’ensemble des populations.

Les sites de ponte ne sont pas non plus épargnés par la dégradation des milieux. L’abandon de l’élevage a conduit à l’enfrichement de nombreux sites qui n’offrent aujourd’hui plus les conditions d’ensoleillement nécessaires au développement des embryons. Les femelles, particulièrement fidèles à leur site de ponte, persistent parfois à utiliser des milieux qui ne permettront plus l’éclosion des œufs. Ajoutée à cette dégradation de l’habitat, la réduction des surfaces disponibles pour la ponte entraîne une concentration des pontes sur des zones restreintes induisant une augmentation du taux de prédation.

Fragmentation de l’habitat

Les infrastructures linéaires (infrastructures routières et ferroviaires), l’urbanisation, l’aménagement des cours d’eau, sont des facteurs entraînant un isolement des populations par fragmentation de l’habitat et rupture des corridors de déplacements.

Pratiques agricoles et piscicoles défavorables

De nombreuses pratiques agricoles sont aujourd’hui incompatibles avec la conservation de l’espèce :

  • le désintérêt des agriculteurs pour les prairies peu productives combiné à l’abandon des pratiques d’élevage traditionnelles aboutissent à une fermeture des milieux de ponte,
  • la fauche et le broyage des prairies en période de ponte (mortalité des femelles),
  • l’irrigation intensive entraînant des assecs précoces des étangs.

La pisciculture intensive, s’accompagnant d’une importante charge en poisson à l’hectare et d’une destruction massive des herbiers aquatiques, génère des milieux peu favorables à la cistude.