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Écologie

Plan national d’actions en faveur de l’Emyde lépreuse (Mauremys leprosa)

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publié le 26 novembre 2010 (modifié le 28 juin 2012)

Télécharger le PNA Emyde lépreuse 2012-2016 :

Cartographie des zones à enjeu en Languedoc-Roussillon pour le PNA Emyde lépreuse

Présentation de l’espèce

L’émyde lépreuse est une tortue aquatique d’eau douce de l’ouest du bassin méditerranéen, c’est la tortue la plus menacée en France. En France sa répartition est très restreinte, les populations naturelles se rencontrant uniquement en Languedoc-Roussillon.
Son aire de répartition très restreinte lui fait courir un risque d’extinction élevé en France, d’où son statut d’espèce « en danger » sur la liste rouge UICN des reptiles de France (non menacée au niveau mondial).
Ce statut justifie la mise en oeuvre, depuis juin 2012, d’un plan national d’actions, dont l’animation est confiée au Groupe Ornithologique du Roussillon.

Les acteurs du PNA :

  • la DREAL Languedoc-Roussillon, coordinatrice du plan (référent Luis De Sousa)
  • le Groupe Ornithologique du Roussillon (référent Lionel Courmont)
  • le comité de suivi, constitué de scientifiques et experts de différentes administrations, collectivités, associations

Biologie, écologie de l’espèce

Emyde lépreuse, Aiguamolls del Emporda, Luis DE SOUSA

L’émyde possède une carapace assez plate et bien ovale, de couleur brun-roux à olivâtre à l’age adulte, d’une longueur atteignant 200 mm en France (250mm au Maghreb). Les juvéniles ont une carapace carénée sur les écailles costales et vertébrales. Les côtés de la tête et du cou portent des lignes claires.
Les jeunes individus présentent une tâche colorée sur la tempe qui peut entraîner des risques de confusion avec les tortues américaines exotiques.

L’Emyde occupe des habitats aquatiques aussi bien stagnants que courants, temporaires ou permanents. Les oueds méditerranéens constituent un habitat typique.
Moins sensible à la qualité de l’eau que la Cistude d’Europe, l’émyde tolère des eaux saumâtres, et des eaux plus ou moins polluées (sauf polluants toxiques).

C’est une espèce omnivore, très opportuniste dans son alimentation.
Le cycle de vie peut comporter plusieurs phases de ponte, au printemps, une courte période de vie ralentie en hiver, et dans les habitats qui peuvent s’assécher totalement l’été, une période d’estive.

Répartition

En France la répartition de l’Emyde lépreuse est très restreinte, elle se rencontre à l’état naturel uniquement en Languedoc-Roussillon. Des populations conséquentes ne se rencontrent pratiquement que dans les Pyrénées-Orientales, tandis que des observations éparses sont faites dans l’Aude, l’Hérault et le Gard, où des preuves archéologiques attestent sa présence dès l’Holocène (- 4 000 ans).
Le bassin versant de la Baillaury abrite les plus importantes populations françaises de cette espèce, avec la vallée du Tech.

Une observation de 1980, en Espagne, sur un cours d’eau transfrontalier des Pyrénées-Atlantiques a entraîné sa citation dans la région Aquitaine mais depuis, la présence d’individus de souche autochtone n’y a pas été confirmée. Plusieurs observations ont néanmoins été faites récemment sur des cours d’eau des Pyrénées-Atlantiques, des Landes, ainsi qu’en Gironde, probablement d’individus relâchés.

L’émyde lépreuse est principalement présente dans la péninsule ibérique et au Maghreb.

l’élaboration du plan

La rédaction du plan s’est déroulée suivant 2 phases :

  • une 1e phase de rédaction, avec des échanges techniques au sein du comité pour synthétiser l’ensemble des données disponibles sur l’espèce, son écologie, les facteurs de menace et de pression, et définir la stratégie d’actions à conduire pour la durée du plan,
  • une 2e phase de consultation (jusque début 2012) au cours de laquelle le plan, au niveau local, a été soumis pour avis à un large panel d’acteurs, ainsi qu’au niveau national. La validation finale s’est faite après avis du CNPN (mars 2012). Le plan désormais validé, sera mis en oeuvre pour une durée de 5 ans, jusqu’en 2016.

En savoir plus :