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Une qualité des eaux littorales contrastée (diagnostic)

publié le 30 janvier 2014 (modifié le 24 février 2014)

Les eaux littorales, regroupant les eaux de transition et les eaux côtières, entrent dans le champ d’application de la directive cadre sur l’eau (DCE) visant à l’atteinte du bon état écologique à l’horizon 2015. La qualité des eaux littorales est influencée par les flux émis directement en mer par les collectivités, les industriels, les équipements portuaires (rejets d’eaux usées et d’eaux pluviales, sites de carénage…), ainsi que par les flux des bassins versants (principalement pollutions diffuses agricoles). La présence de déchets peut aussi avoir des impacts (eau, biodiversité). Le Languedoc-Roussillon compte 20 masses d’eau de transition et 7 masses d’eau côtières.

Des milieux lagunaires fortement dégradés par leur eutrophisation

Les masses d’eau de transition correspondent en région à des lagunes saumâtres entre terre et mer, qui constituent un patrimoine écologique exceptionnel. En 2006, le bon état n’était pas atteint pour la plupart d’entre elles en raison d’une qualité écologique très dégradée (12 présentent un état médiocre ou mauvais, 6 un état moyen). Ce constat est réaffirmé dans le cadre du suivi réalisé par le programme de surveillance en 2009 comme en 2010.
Pour la plupart de ces masses d’eau, leur richesse en éléments nutritifs liés aux apports en azote et phosphore d’origine domestique et dans une moindre mesure agricole induit un déséquilibre conduisant à une eutrophisation plus ou moins importante de ces milieux (phénomène de « malaïgues ») à l’origine de leur mauvais état. Toutes les lagunes sont caractérisées par un ou plusieurs éléments de qualité biologique dégradée à très dégradée (plantes aquatiques, organismes vivants dans les sédiments, poissons). Par ailleurs, les apports en nutriments favorisent la prolifération de phytoplanctons, certaines espèces pouvant présenter une certaine toxicité pour l’homme via l’ingestion de coquillages ou être à l’origine d’une mortalité dans les élevages conchylicoles lorsqu’ils sont en très grand nombre. Dans ce contexte, un dispositif de suivi spécifique sur le niveau d’eutrophisation des lagunes (RSL –réseau de suivi lagunaire) a été mis en place en Languedoc-Roussillon (suivi IFREMER).
Dans une certaine mesure, des micro-polluants chimiques qui se diffusent depuis les sites de rejet peuvent aussi altérer la qualité des eaux et avoir des effets nocifs même à très faibles doses sur les coquillages et son consommateur (voir chapitre Santé-environnement). En 2006 comme en 2009, sur l’ensemble des masses d’eau littorales, 4 masses d’eau de transition n’atteignaient pas le bon état chimique.

Le caractère confiné de ces lagunes limitant le renouvellement des eaux conjugué à leur rôle d’exutoire de bassins versants vastes et particulièrement anthropisés explique cette situation particulièrement dégradée. Ainsi, une corrélation significative entre les phénomènes d’eutrophisation et la pression démographique et touristique a pu être observée. En outre, le temps de réponse de ces milieux est très lent, même après la suppression des causes d’altération, l’accumulation des polluants dans les sédiments entretenant la contamination par relargage progressif. Pour autant, et malgré l’inertie de ces milieux, les potentiels de restauration sont réels, à l’image des étangs palavasiens dont la qualité s’est amélioré progressivement après la mise en œuvre d’une gestion adaptée des rejets des eaux usées de l’agglomération montpelliéraine (voir chapitre Assainissement).

Le bon état global devra être atteint en 2015 pour 11 masses d’eau de transition, l’objectif étant repoussé à 2021 ou 2027 pour les autres.

Un état des eaux côtières plutôt bon

Le caractère très ouvert du milieu marin entraînant un fort pouvoir de dilution, conjuguée à une sensibilité limitée des fonds majoritairement sableux (par opposition au substrat rocheux plus riche et sensible) explique un état plutôt peu dégradé des eaux côtières. En 2006, 4 masses d’eau côtières sur 7 sont en bon état global, 3 présentant un état moyen (littoral de l’Aude et des Pyrénées -Orientales et Cap d’Agde). Les apports extérieurs par le Rhône et les bassins versants côtiers (micro-polluants toxiques et pesticides) et la fréquentation du milieu (ports, mouillage…) constituent les principaux facteurs déclassants de ces masses d’eau. Le bon état devra être maintenu ou atteint en 2015.

Etat des masses d'eau de transition et côtières selon critères DCE et objectifs d'atteinte du bon état  (nouvelle fenetre)
Etat des masses d’eau de transition et côtières selon critères DCE et objectifs d’atteinte du bon état