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Des milieux littoraux et marins d’une très grande richesse écologique (diagnostic)

publié le 23 janvier 2014 (modifié le 24 février 2014)

Avec ses 230 km de côtes, la façade maritime du Languedoc-Roussillon concentre des milieux littoraux terrestres ou marins diversifiés, d’une grande richesse écologique, et fortement identitaires. L’enjeu de sa préservation est reconnu à travers la Convention de Barcelone, signée par la France dès les années 1970, pour lutter contre les pollutions de toutes origines et conserver sa diversité biologique.

Des milieux littoraux originaux et différenciés

Le littoral languedocien est par sa configuration et les milieux représentés particulièrement original et d’un intérêt majeur pour la biodiversité.
La côte est constituée de deux entités très différenciée tant par leur longueur que par leur morphologie. L’une, la côte sableuse s’étend sur la plus grande partie du littoral, du Gard aux Pyrénées-Orientales jusqu’à Argelès-sur-Mer. Il s’y développe des systèmes dunaires, appelés lido, à la forte dynamique évolutive (érosion, régénération, déplacement) où se succèdent des milieux secs et humides (laisses de mer, dunes blanches, pelouses dunaires, dépressions humides d’arrière dunes et dunes boisées ou arbustives). L’autre, la côte rocheuse, caractérise le littoral d’Argelès jusqu’à la frontière espagnole (Côte Vermeille). Ces deux entités abritent une faune et une flore spécifiques à ces milieux difficiles.
Avec une surface proche de 40 000 ha, les lagunes constituent l’autre originalité du littoral languedocien, et fortement emblématique. Il s’agit de grandes étendues d’eaux saumâtres alimentées en eau douce par les cours d’eau, les précipitations et les résurgences, et en étroite relation avec la mer par les graus. Elles s’accompagnent d’un vaste cortège de zones humides (prés salés, roselières, enganes…), l’ensemble jouant un rôle particulièrement important pour la biodiversité tant pour la faune aquatique (« nurserie » pour les poissons marins et les coquillages source d’une activité économique importante et traditionnelle, habitat préférentiel des anguilles) que pour les oiseaux (alimentation, reproduction et hivernage de nombreuses espèces patrimoniales : Flamant rose, Sterne Hansel, Goéland railleur…).

Des milieux marins exceptionnels à l’échelle de la Méditerranée

Les milieux marins du Languedoc-Roussillon se caractérisent par un développement exceptionnel du plateau continental, le Golfe du Lion, le plus important de la méditerranée occidentale. Il s’étend jusqu’à une centaine de kilomètres des côtes et couvre une surface de 14 000 km2. Les fonds sont surtout constitués de sédiments meubles (vases, sables fins et grossiers, cailloutis et galets). Les zones de substrat dur sont peu représentées mais constituent les milieux les plus intéressants d’un point de vue écologique. A ces caractéristiques s’ajoutent une faible profondeur, une très grande richesse trophique liée aux apports fluviaux et plus particulièrement du Rhône, un hydrodynamisme particulier (effets du courant liguro-provençal et des remontées d’eau des nombreux canyons), propices à une grande richesse halieutique faisant de ce secteur un site de nourrissage particulièrement important pour les oiseaux pélagiques (notamment plusieurs espèces d’intérêt européen : Puffins dont certains endémiques à la Méditerranée occidentale, Pétrel tempête et Fou de Bassan), ainsi que pour les grands mammifères marins (Grand dauphin, dauphins, Rorqual…). Plusieurs habitats présentent un intérêt majeur pour les espaces littoraux méditerranéens (herbiers de posidonies et zostères, coralligène, grottes sous-marines, zones d’habitat des dauphins et des tortues de Méditerranée).

Une importante fréquentation et de nombreux usages à concilier avec la préservation de la biodiversité

La loi "littoral" (1986) définit les règles d’un aménagement équilibré de ces espaces, préservant les richesses naturelles fondant son attractivité tout en permettant son développement. Elle impose des principes d’aménagement portant sur une extension de l’urbanisation limitée et en continu de l’existant, la protection stricte de certains espaces et un accès libre au rivage

Des pressions sur les milieux côtiers liées à la forte attractivité résidentielle et touristique du littoral
L’attractivité du littoral et les pressions touristiques qui s’y exercent constitue les principales menaces pour les milieux côtiers. L’aménagement d’équipements tels que routes, aires de stationnement, campings et parcs résidentiels de loisirs, s’effectuent aux dépens des espaces naturels, et la pression d’urbanisation reste encore très forte, malgré la loi littoral. En outre, la très forte fréquentation des milieux dunaires (promenades et randonnées à pied, vélo, cheval, loisirs motorisés…), peuvent avoir des incidences sur les habitats et la biodiversité (piétinement, dérangement de la faune et plus particulièrement des oiseaux nicheurs), d’autant plus que la gestion de la fréquentation est quasiment inexistante. Ces pressions constituent un facteur d’aggravation de l’érosion côtière, phénomène naturel déjà fragilisé par des apports sédimentaires des fleuves côtiers et des courants marins perturbés par certains aménagements (effets des ouvrages de protection de la côte, de l’aménagement et du nettoyage des plages, des ouvrages hydrauliques sur les cours d’eau…). Si les milieux rocheux sont moins exposés du fait de leur accès plus difficile, en revanche leur extension bien plus limitée rend d’autant plus dommageable la moindre atteinte.

Des milieux lagunaires très fortement menacés par l’eutrophisation et le comblement
Les lagunes sont des milieux très sensibles. En région, leur état écologique est fortement dégradé tant sur les paramètres biologiques que physico-chimiques. Les apports des bassins versants (ruissellement et transport fluvial) en nutriments d’origine domestique et dans une moindre mesure agricole, sont responsables de l’eutrophisation du milieu, voire dans les cas les plus extrêmes des phénomènes de malaïgues rendant toute vie impossible (l’étang de Thau est touché de manière récurrente). Par ailleurs, le phénomène naturel de comblement progressif des lagunes se trouve amplifié et accéléré par les activités humaines (aménagements du bassin versant, des lagunes et des lidos, rejets de particules en suspension et de nutriments). Certaines lagunes présentent un risque de comblement à court moyen terme (Canet, Vendres, Bagnas, Arnel).
La préservation de ces milieux est prise en compte dans les grands documents stratégique et de planification (contrat de projet Etat-Région 2007-2013, SDAGE Rhône-Méditerranée, plusieurs SAGE) et font l’objet de mesures de protection règlementaire et de gestion (réserves, sites classés, site Natura 2000, loi Littoral…).

Des milieux marins encore relativement préservés mais des pressions susceptibles de s’accroître
L’état écologique des masses d’eau côtières est majoritairement bon permettant de conserver la diversité écologique, le dynamisme, la propreté, le bon état sanitaire et productif de la mer (voir thématique Ressources en eau).
Les milieux marins sont le support d’un grand nombre d’usages en région, certains d’une importance majeure pour l’économie régionale : activités liées au tourisme et loisirs balnéaires (baignade, plongée, navigation de plaisance et sports nautiques…), développées tout le long du littoral et encore amenées à se développer significativement, exploitation des ressources halieutiques (1/3 de la flotte de pêche de la façade méditerranéenne est rattaché au port de Sète) et conchylicoles, activités portuaires commerciales (concentrées sur les ports de Sète, Port-la-Nouvelle et Port-Vendres), exploitation des sables marins répondant à une forte demande locale pour la recharge des plages. En revanche, le développement des énergies renouvelables (éolien off-shore) est aujourd’hui freiné par les enjeux économiques et environnementaux (littoral particulièrement fréquenté et porteur d’usages variés, importance des zones protégées). Ces activités peuvent être à l’origine de perturbations biologiques (mortalité, dérangement de la faune, transmission d’organismes pathogènes, introduction d’espèces étrangères…) ou physiques (colmatage, turbidité, usure des fonds…), d’apports de micro-polluants ou macro-polluants (substances toxiques, nutriments, métaux lourds, déchets flottants…) qui viennent s’ajouter aux pollutions d’origine terrestre.
En application de la Directive cadre européenne « Stratégie pour le milieu marin », pour la reconquête de la qualité écologique des mers européennes à horizon 2020, la France doit élaborer pour 2015 un plan d’actions à l’échelle de chaque sous-région marine qui constituera la feuille de route des services de l’Etat et des acteurs publics concernés, pour la préservation du milieu marin et le développement durable des activités maritimes. Les travaux ont commencé pour la sous-région Méditerranée occidentale à laquelle le Languedoc-Roussillon est rattaché, sous le double pilotage du Préfet de région PACA et du Préfet maritime de la Méditerranée, avec la production de l’état initial des eaux marines.



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