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Des milieux présents dans toutes les grandes régions biogéographiques : zones humides et cours d’eau, forêts et milieux souterrains (diagnostic)

publié le 24 janvier 2014 (modifié le 24 février 2014)

Des milieux humides et aquatiques dont la qualité est à reconquérir

Les zones humides et milieux aquatiques continentaux regroupent une grande diversité de milieux tels que cours d’eau et ripisylves, prairies humides, lacs et étangs, mares, tourbières (les lagunes sont traitées dans le chapitre relatif aux milieux littoraux et marins). Les zones humides continentales occupent souvent les espaces de mobilité des cours d’eau.
Outre les protections spécifiques mises en place pour la préservation des milieux humides et aquatiques (voir chapitre sur les outils dédiés à la préservation des milieux naturels et à la biodiversité), le territoire est particulièrement bien couverts par des schémas d’aménagement et de gestion des eaux (SAGE) et des contrats de milieux (voir thématique Ressources en eau).

Des atteintes à la fonctionnalité des cours d’eau par les prélèvements et les aménagements hydrauliques
Les caractéristiques hydrologiques particulières des cours d’eau en région (forte variabilité inter et intra annuelle des périodes d’étiages sévères et de crues fortes et rapides) génèrent une mosaïque très diversifiée et une forte dynamique de ces milieux, et impliquent en outre une forte capacité d’adaptation aux conditions extrêmes de la faune et de la flore. La région est aussi caractérisée par la présence d’espèces de poissons amphihalins (anguille et alose, deux espèces menacées à l’échelle nationale), espèces patrimoniales et indicatrices du bon fonctionnement des cours d’eau.
Les cours d’eau évoluant dans les secteurs de massifs montagneux (massifs d’altitude de la partie orientale des Pyrénées, des Cévennes et massif de moyenne montagne du Haut-Languedoc) présentent des caractéristiques favorables à un bon potentiel biologique (forte dynamique naturelle favorisant l’auto-épuration et un taux d’oxygène élevé, nature des fonds, température moyenne, faible voire absence de pollution…). Ces cours d’eau sont identifiés en première catégorie piscicole, avec de nombreux taxons polluo-sensibles, et la présence de zones d’endémisme. En plaine, du fait d’un potentiel moindre dû à une plus faible dynamique naturelle et à une morphologie plus altérée, les cours d’eau sont identifiés en majorité en seconde catégorie piscicole.
Les atteintes à la fonctionnalité des espaces alluviaux sont la première cause de dégradation de la qualité écologique des cours d’eau en région. Les prélèvements importants pour l’irrigation agricole et l’eau potable aggravent les étiages sévères estivaux. Ils entraînent en outre une concentration des polluants sur la partie aval des cours d’eau où la demande est la plus forte. Les obstacles sur les cours d’eau (aménagements et ouvrages hydrauliques destinés à la production d’énergie ou à la lutte contre les inondations) génèrent aussi des perturbations sur la qualité des eaux et les habitats (diminution des teneurs en oxygène, variation artificielle rapide des niveaux d’eau et des apports sédimentaires par exemple) et peuvent aussi constituer des obstacles infranchissables pour les poissons et limiter le transport des sédiments. Plusieurs ouvrages infranchissables équipent ainsi la plupart des fleuves côtiers dans leur partie aval, compromettant les possibilités de remontée des poissons migrateurs. Afin de préserver ou restaurer les continuités écologiques en milieux aquatiques, la loi sur l’eau et les milieux aquatiques impose un classement des cours d’eau déterminant ceux où tout nouvel aménagement sera interdit (liste 1) et ceux devant faire l’objet de travaux pour rétablir la continuité (liste 2). Ce classement est en cours de validation en région.

Des zones humides d’une grande valeur patrimoniale et soumises à de très fortes pressions
Les zones humides sont de natures très différentes suivant leur situation géographique en zone de montagne, de plaine ou littorale : tourbières d’altitude (valeur patrimoniale particulière en raison de la particularité des espèces présentes, de leur surface très restreinte à l’échelle nationale et du caractère irréversible de leur perte à l’échelle de la vie humaine), roselières, herbiers aquatiques et palustres, mégaphorbaies, ripisylves, marais salants, vasières fluviatiles et littorales… Souvent d’une très grande valeur patrimoniale, les zones humides constituent l’habitat privilégié de nombreuses espèces, avec en zone de montagne un fonctionnement singulier expliquant la présence d’un certain nombre d’espèces endémiques et très spécifiques. Au-delà de leur rôle patrimonial, les zones humides jouent aussi un rôle important pour la diversification et la qualité des paysages, l’épuration des eaux et la régulation des inondations, pour l’économie locale et les loisirs (pêche, aquaculture, tourisme, activités de plein air…). Elles sont aujourd’hui relativement bien connues en région, de nombreux travaux d’inventaires ayant été réalisés depuis une quinzaine d’années à l’échelle régionale, départementale et locale (voir chapitre sur la connaissance des milieux naturels).
Les zones humides sont des milieux fragiles et toujours menacés. Si en secteur de montagne, les principales pressions s’exerçant sur ces milieux se rapportent principalement à des pratiques agropastorales de plus en plus extensives pouvant conduire à un enfrichement puis à un comblement des zones humides, en revanche en plaine et sur le littoral les pressions sont multiples et particulièrement fortes (prélèvements et drainages agricoles, aménagements lourds contre les inondations entraînant des comblements, multiplication des plans d’eau à des fins cynégétiques, agricoles et touristiques, apports en nutriments favorisant l’eutrophisation…). Outre les mesures de protection et de gestion mises en œuvre sur ces milieux (voir chapitre sur les outils), les grands acteurs institutionnels (DREAL, Agences de l’eau, ONEMA, Région et Départements) ont défini une stratégie, traduite dans la convention d’objectifs pour la préservation et la mise en valeur des zones humides en Languedoc-Roussillon (2012).

Des milieux forestiers en forte progression

La forêt occupe une part importante de la surface régionale (43% contre 30% à l’échelle nationale en 2013 -source IFN), plaçant le Languedoc-Roussillon dans les 5 régions françaises les plus forestières. La répartition de la forêt est homogène entre les 5 départements. Elle est pour les trois-quarts privée, comme à l’échelle nationale.
Les peuplements de feuillus sont légèrement majoritaires (54% des surfaces en moyenne), la Lozère se distinguant néanmoins par une dominante de surfaces résineux. En raison de la variété des conditions de sols, du relief et des climats, elle est caractérisée par une large palette d’essences et de types de formations forestières au sein de 3 grands types de forêts :

  • les forêts de montagne spécifiques des étages supra-méditerranéens, montagnards et subalpins, et très diversifiées (mélanges de feuillus et de résineux : hêtre, pin noir, pin sylvestre, et autres essences précieuses),
  • les forêts de plaine et de collines, souvent mêlées à des formations subforestières dégradées de garrigues et maquis ; elles sont dominées par le chêne vert et le pin d’Alep en plaine, et le chêne pubescent et le châtaignier dans les secteurs de collines et de piémont,
  • les forêts littorales composées pour la majorité de peuplement de pins de faible superficie.

Les forêts contribuent pleinement à la richesse écologique de la région, ainsi qu’à la qualité de l’eau et à la régulation des débits dans les bassins-versants (rôle épuratoire et de zones tampons). Ainsi, elles représentent 50% des surfaces inventoriées en ZNIEFF de type 1 ou 2 (confondues), et 42% des surfaces en Natura 2000 (tous types confondus). Les forêts matures à hêtres et chênes représentées dans les Pyrénées (subéraies des Albères) constituent les milieux les plus remarquables du fait de leur rareté en région. Le Languedoc-Roussillon concentre également les derniers peuplements de Pin de Salzmann, une des essences forestières les plus rares de France, et qui ont fait et font encore l’objet de plusieurs programmes d’études (INRA d’Avignon, ONF, DRAAF, DREAL). Ils sont présent dans l’Hérault (forêt domaniale de Saint-Guilhem le Désert présentant le peuplement de pin de Salzmann le plus important et le plus remarquable de France), dans les Cévennes gardoises, le Conflent dans les Pyrénées orientales. Plus globalement, les espaces forestiers sont à l’origine
Les forêts offrent également des territoires et des produits de loisirs (cueillette, marche, VTT…) de plus en plus recherchés.

Les milieux forestiers se sont considérablement étendus, la superficie forestière ayant doublé en un siècle. La progression est particulièrement importante ces dernières années (2% par an), conséquence de l’usage plus extensif des parcours pastoraux, et dans une certaine mesure des opérations de reboisement pour la lutte contre l’érosion des sols et de la modification des pratiques énergétiques. Ces évolutions constituent à la fois une menace pour les milieux forestiers en eux-mêmes (banalisation par le rajeunissement des peuplements et l’homogénéisation des espèces) mais aussi à terme pour les milieux ouverts faisant l’objet de cette reconquête progressive (fermeture des milieux et perte des habitats et espèces animales et végétales inféodées -voir chapitre sur la biodiversité dans les espaces de tradition agricole).
Le déperissement de certaines essences est constaté sous l’effet de la prolifération parasitaires (cynips du châtaignier, processionnaire du pin, charançon rouge du palmier) et des évolutions climatiques (progression des essences méditerranéennes aux dépens des essences de montagne). Enfin, si la sous-exploitation de la forêt en région est plutôt bénéfique à la biodiversité (mais préjudiciable d’un point de vue économique) avec le vieillissement des peuplements, en revanche, le manque de renouvellement est un facteur de fragilisation face aux évènements climatiques. Une gestion insuffisante favorise aussi le risque incendie.

Milieux forestiers et biodiverité  (nouvelle fenetre)
Milieux forestiers et biodiverité

Des milieux souterrains abritant des espèces patrimoniales

En raison de la nature karstique d’une partie du substrat mais aussi de son passé minier, les milieux souterrains du Languedoc-Roussillon sont nombreux et variés. Leurs caractéristiques (obscurité, faible variation de température, hygrométrie proche de la saturation) en font des milieux très spécifiques abritant une faune et une flore de haut intérêt patrimonial (mollusques et crustacés endémiques notamment). Les grottes constituent un habitat favorable aux chiroptères (hibernation et mise-bas), plusieurs sites ayant été inventoriés en région comme particulièrement important (6 sites d’intérêt international, 5 d’intérêt national et 13 d’intérêt régional) au vu des espèces présentes (Minioptère de Schreibers, Verspetilion de Capaccini et Rhinolophe de Mehely, 3 espèces menacées à l’échelle mondiale).
Les pratiques non respectueuses parfois constatées dans les activités de spéléologie et la dégradation de la qualité de l’eau constituent les principales pressions pesant sur ces milieux.



En savoir plus :


  • Amphihalin (format pdf - 10.7 ko - 24/01/2014)
  • IFN (format pdf - 8.9 ko - 24/01/2014)
  • ONEMA (format pdf - 10 ko - 24/01/2014)