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Des espaces de tradition agricole plus ou moins riches mais toujours essentiels au maintien de la biodiversité (diagnostic)

publié le 24 janvier 2014 (modifié le 24 février 2014)

Les espaces de tradition agricole recouvrent les espaces support d’un pastoralisme (pelouses, garrigues, maquis), et ceux faisant l’objet d’une exploitation agricole (surfaces dédiées à la viticulture, aux productions fruitières et légumières, à l’élevage). Ils contribuent à la biodiversité du territoire, à des degrés divers.

Des pelouses aux maquis et garrigues, des milieux typiquement méditerranéens dépendants des activités agropastorales

Paysages méditerranéens typiques et reconnus (ces sites sont classés par l’UNESCO comme patrimoine de l’humanité -voir thématique Paysage et patrimoine), les milieux ouverts thermophiles, le plus souvent de grande étendue, sont issus de siècles de pastoralisme. Ils ont pour caractéristiques communes une adaptation des végétaux aux contraintes liées à la sécheresse et à la pauvreté des sols et à la présence importante d’herbivores (résistance au broutage et utilisation des animaux pour la dissémination des graines). Ils se retrouvent dans les secteurs de collines et piémont.
Suivant le niveau de développement de la strate végétale, on peut distinguer :

  • des systèmes ouverts correspondant au stade « jeune » du développement : ils sont représentés par des pelouses sèches, parmi lesquelles les pelouses à Brachypode rameux, qui constituent un habitat d’intérêt communautaire bien présent en région mais rare en Europe,
  • des systèmes semi-ouverts correspondant à un stade plus « mature » : s’y sont développés, sous l’effet d’une dynamique de reconquête arbustive permise par une pression agricole moins forte, des espèces ligneuses et arbustives formant des milieux de garrigues et maquis (matorral). Ces systèmes peuvent revenir à un stade « jeune » sous l’effet d’une perturbation majeure de type incendie, défrichement, coupes forestières.

La richesse et l’originalité de la flore (orchidées, gagées…) et de la faune (oiseaux, reptiles et insectes) y sont remarquables, et plus particulièrement encore dans les milieux les plus ouverts. Ils ont de fait grandement participé au classement de la zone méditerranéenne comme un des 34 « hot spot » de la biodiversité mondiale. Ils constituent également, jusqu’à un certain stade de développement, un pare-feu naturel efficace.

Alors qu’il existait une exploitation pluri-millénaire de ces espaces (activités agro-sylvo-pastorales intimement mêlées), le dernier siècle a connu un abandon très important sur ces zones. Plus récemment, sous l’effet de la chute des cheptels sauf les ovins-lait (difficultés des filières animales traditionnelles et difficile renouvellement d’une génération d’exploitations vieillissante) conjugué à des épisodes de sécheresse récurrents, l’utilisation des parcours devient de plus en plus extensive. Cela conduit à une accélération des dynamiques naturelles de fermeture, entraînant progressivement un recul des espèces strictement inféodées aux milieux ouverts et un développement d’espèces plus généralistes et forestières comme le sanglier. Le développement de mesures agroenvironnementales "pastorales" (correspondant à l’ensemble des MAEt à base d’engagements "Socle herbe", "Herbe" et "Ouvert" retrouvée sur les mesures répondant aux enjeux Natura 2000 et DFCI) est particulièrement important pour assurer le maintien du caractère ouvert de ces milieux.

La plaine agricole, des espaces "ordinaires" porteurs d’enjeux pour des espèces emblématiques et fragilisés par le développement urbain

La plaine agricole s’étend de la Camargue aux côtes rocheuses des Pyrénées, sur une bande située entre le littoral et les premiers reliefs calcaires. L’agriculture y occupe de vastes surfaces, sous la forme d’un parcellaire en mosaïque : vignes le plus souvent mais aussi petites parcelles de cultures annuelles variées, prairies et cultures permanentes complexes, et très localement grandes cultures. La diversité des habitats, les effets de lisière favorisés par l’agencement du parcellaire (haies, friches, bordures enherbées, murets…), son rôle de connexion biologique font de la plaine un milieu important pour plusieurs espèces patrimoniales (Outarde canepetière, Pie-grièche à poitrine rose…).
Ces espaces agricoles sont soumis à une très forte pression foncière causée par l’étalement urbain des grandes agglomérations régionales, pour la plupart situées dans la plaine, et au développement des infrastructures de transport (fragmentation et destruction des habitats). Par ailleurs, l’expansion des cultures mono-spécifiques conduit à une homogénéisation progressive du parcellaire. La maîtrise de la consommation d’espace relève des politiques territoriales qui se mettent peu à peu en place dans le cadre de l’élaboration des documents d’urbanisme nouvelle génération (SCOT Grenelle). En revanche, l’évolution des systèmes de production est fortement dépendante d’un contexte économique (PAC, cours des matières premières…) dépassant largement l’échelle régionale et même nationale.


  • Pastoralisme (format pdf - 11.8 ko - 24/01/2014)
  • Guarrigue (format pdf - 10.9 ko - 24/01/2014)
  • Maquis (format pdf - 12.1 ko - 24/01/2014)
  • Hot_spot (format pdf - 13 ko - 24/01/2014)
  • DFCI (format pdf - 9.6 ko - 24/01/2014)
  • SCOT_grenelle (format pdf - 14 ko - 24/01/2014)
  • PAC (format pdf - 9.5 ko - 24/01/2014)