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Un ensemble montagnard différencié, de la haute montagne pyrénéenne à la moyenne montagne du Massif central (diagnostic)

publié le 24 janvier 2014 (modifié le 31 janvier 2014)

Deux massifs jouant un rôle de relais entre les Alpes et les Pyrénées

Communes en zones de massif  (nouvelle fenetre)
Communes en zones de massif

L’ensemble montagnard de la région est remarquable par sa position biogéographique charnière (influences méditerranéenne et atlantique) et par son rôle de relais entre les Alpes et les Pyrénées pour la migration de la faune et de la flore. Il comprend le massif d’altitude des Pyrénées, et les hauts plateaux et le massif de moyenne montagne du sud du Massif central (Cévennes et Haut-Languedoc). 55% de la région est classée en zone de massif, regroupant environ 20% de la population.

Le sud du Massif central compose une grande palette de milieux différents, avec les grands espaces de plateaux ouverts des Causses, de l’Aubrac et de la Margeride, et les secteurs dominés par la forêt de la Montagne noire, du Caroux et des Cévennes. On y retrouve une biodiversité de haute valeur patrimoniale tant pour les habitats (steppes et dolines des Causses, grottes karstiques, tourbières de l’Aubrac et de la Montagne Noire, belles étendues forestières des Cévennes préservées…) que pour la faune et la flore avec plusieurs espèces endémiques. La bonne qualité écologique des rivières, peu perturbées par les aménagements hydrauliques et les pollutions, permet l’accueil de la Loutre et du Castor, et de populations d’Ecrevisses à pattes blanches.
Les montagnes pyrénéennes sont les seules représentantes en région du domaine biogéographique alpin. Leurs spécificités tiennent à la présence de milieux de haute altitude (lacs d’altitudes, parois rocheuses), à de beaux exemples de forêts matures à Hêtres et Chênes uniques en région, et à des milieux souterrains exceptionnels (plus grand réseau karstique de la région et multitude de cavités riches en chauve-souris). Les Pyrénées abritent une faune d’altitude assez complète avec le Gypaète barbu, le Grand Tétras, l’Isard, et aussi des grands mammifères remarquables comme l’Ours et le Loup.

Des milieux fragilisés par la régression de l’activité agricole en zone d’altitude, et pour les Pyrénées par des aménagements récréatifs

Les espaces ouverts de montagne (pelouses et zones humides) sont fortement dépendants du maintien de pratiques agropastorales. Or, la disparition progressive des exploitations agricoles dans les zones d’altitude a entraîné une progression du couvert arbustif conduisant à leur fermeture progressive, plus particulièrement sur les Causses où l’élevage extensif a beaucoup diminué. Il s’agit là de la menace la plus importante sur la biodiversité de ces territoires, en raison de la haute valeur patrimoniale des espèces présentes et le plus souvent inféodées à ces milieux. Certaines pratiques agricoles (drainage des zones humides) et sylvicoles (recours à des espèces allochtones en dehors de leurs stations naturelles) inadaptées peuvent aussi, localement, être source de pressions sur les milieux. Le changement climatique pourrait aussi modifier la répartition des essences forestières, avec une remontée vers le nord des essences méditerranéennes au dépens des essences montagnardes (chêne, châtaignier, épicéa).

Le massif pyrénéen est aussi le siège de pratiques des sports nordiques. Si le développement de ces activités est moindre en région que dans le massif alpin (2 principaux sites organisés : Font-Romeu et le Capcir), les aménagements particulièrement lourds de ces espaces et leur fréquentation sont dommageables en particulier pour la faune et la flore. L’activité des stations de ski a également un impact sur les milieux aquatiques par les prélèvements en eau pour la neige de culture, qui, réalisée en tête de bassin, peut perturber l’écosystème des cours d’eau et des zones humides. Cette pression pourrait s’accentuer avec le changement climatique et la diminution de l’enneigement.

La politique nationale de la montagne, issue de la loi du 9 janvier 1985 dite « loi montagne », est déclinée à l’échelle de 6 grands massifs (dont le Massif central et les Pyrénées). Elle est mise en oeuvre à travers des schémas et conventions de massif, avec des financements État-Région et soumise à des programmes européens. L’objectif poursuivi est un développement durable des espaces de montagne, en liant agriculture, aménagement et environnement. La préservation des espaces naturels y a donc une place importante, en particulier via la contribution des activités agricoles (productions liées à l’herbe, pastoralisme) ou une gestion intégrée de la forêt (dans le cadre des chartes forestières par exemple). Dans les Pyrénées, une gouvernance partagée entre représentants du monde agricole et des administrations des trois régions, appliquée dans le Plan de soutien à l’économie de montagne (PSEM), a permis l’équipement des estives pastorales en installations utiles à l’élevage extensif (abreuvements, clôtures, cabanes pastorales…) et aussi à la protection des troupeaux contre les grands mammifères (gardiens, chiens patous). L’Europe a participé à ce programme d’un montant de 59 M€ de subventions nationales et communautaires (FEDER et FEADER) sur la période 2007 –2013.



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