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Développement durable, évaluation environnementale

Une qualité de l’air qui ne répond pas toujours aux exigences réglementaires (diagnostic)

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publié le 5 février 2014 (modifié le 25 février 2014)

De nombreux documents de planification pour contribuer à améliorer la qualité de l’air

Le Schéma régional du climat de l’air et de l’énergie (SRCAE), élaboré conjointement par l’Etat et la Région et adopté en avril 2013, définit des orientations pour chacune des trois thématiques, climat, air et énergie, en prenant en compte les possibles interactions entre elles.
A des échelles infra-régionales, des Plans de protection de l’atmosphère (PPA) sont élaborés pour les agglomérations de Montpellier et Nîmes. L’objectif de ces plans est de ramener la concentration en polluants dans l’atmosphère à un niveau conforme aux normes de qualité de l’air. Celui de Montpellier adopté en 2006 est en cours de révision et devrait être approuvé mi-2014. Celui de Nîmes a été engagé plus récemment. Les Plans de déplacements urbains (PDU), obligatoires pour les communes de plus de 100000 habitants, ont aussi pour objectif la promotion des modes de déplacements les moins polluants et les moins consommateurs d’énergie. Les agglomérations de Montpellier, Nîmes et Perpignan sont concernées. D’autres collectivités se sont aussi lancées volontairement dans cette démarche (Narbonne, Carcassonne, Avignon, Béziers…).

Même si ce n’est pas leur objectif premier, les plans climat énergie territoriaux auront aussi un impact sur la qualité de l’air, via la maîtrise des consommations d’énergie à laquelle ils doivent contribuer.
Enfin, la prise en compte des impacts sanitaires de la pollution de l’air fait partie des objectifs du Plan régional santé-environnement 2010-2014 (PRSE), déclinaison régionale du Plan national santé-environnement (PNSE).

Une qualité de l’air le plus souvent bonne

Les indices qui fournissent une information journalière globale sur la qualité de l’air sont très bons à bon de la moitié au deux tiers des jours de l’année selon les territoires et les années. Ils sont moyens à médiocres le reste du temps, très rarement mauvais. C’est la présence d’ozone qui est en cause dans la dégradation de l’indice dans la majorité des cas, cela peut aussi être parfois les particules ou le dioxyde d’azote.

Des concentrations élevées en dioxyde d’azote à proximité du trafic routier

Les émissions d’oxydes d’azote (NOx) sont pour une large part (environ les 2 tiers) dues aux transports routiers. Bien qu’elles soient similaires à celles observées en France, les concentrations régionales moyennes en NO2 dépassent, à proximité de la plupart des axes routiers, la « valeur limite moyenne annuelle » fixée à 40 μg/m3. Il s’agit du seuil maximal réglementaire à ne pas dépasser pour éviter, prévenir ou réduire les effets nocifs sur la santé humaine ou sur l’environnement. Même si entre 2001 et 2010 les concentrations régionales en NO2 ont faiblement baissé, 64 % de la population habitent une commune exposée à des dépassements possibles ou constatés de cette valeur limite.

En raison de ces niveaux de pollution importants, notamment à proximité du territoire routier, 128 communes de la région, représentant 54% de la population, sont identifiées en « zone sensible » par le SRCAE. Les actions en faveur de la qualité de l’air doivent y être renforcées.

Le scénario tendanciel des émissions d’oxydes d’azote est à la baisse en lien avec le renouvellement du parc automobile, mais cela ne suffit pas à faire baisser suffisamment les concentrations à proximité des axes routiers pour qu’elles respectent la valeur limite. Les objectifs et actions du SRCAE et du PPA contribueront à renforcer cette baisse, sans pour autant permettre de respecter partout la valeur limite. Par exemple dans l’agglomération de Montpellier la population exposée devrait diminuer de 80% à l’horizon 2015.

Localisation des dépassements de la valeur limite annuelle en NO2 (Source : Air LR - SRCAE) en grand format (nouvelle fenêtre)
Localisation des dépassements de la valeur limite annuelle en NO2 (Source : Air LR - SRCAE)

Une importante pollution estivale à l’ozone

L’ozone (O3) troposphérique n’est pas émis directement mais provient de la transformation de polluants précurseurs tels que les composés organiques volatils (COV) et les oxydes d’azote (NOx) sous l’action des rayonnements solaires. Ce polluant est à distinguer de l’ozone de la stratosphère situé plus en altitude et qui protège des rayonnements ultraviolets.

La pollution à l’ozone touche fortement la région en période estivale avec des concentrations plus élevées qu’au niveau national. Entre 2001 et 2010, les concentrations moyennes annuelles en ozone ont légèrement augmenté (de 9% en milieu urbain et de 2% en milieu rural et périurbain). La réglementation ne définit pas de « valeur limite » pour les concentrations dans l’air en ozone. Néanmoins, elle fixe des « valeurs cibles » qui sont des niveaux de concentrations à ne pas dépasser dans la mesure du possible pour éviter, prévenir et réduire les effets nocifs sur la santé humaine et l’environnement. 91% de la population régionale et 69% du territoire sont exposés à des niveaux d’ozone ne respectant pas cette valeur cible pour la protection de la santé humaine. De plus, les pics de pollution à l’ozone avec des concentrations élevées sont fréquents en été et nécessitent le déclenchement de procédures d’information et de recommandation spécifiques pour protéger la population, notamment les personnes sensibles. En 2010, ces procédures ont été activées sur 7 journées, dans le Gard et parfois l’Aude ou l’Hérault ; aucun déclenchement n’a été nécessaire en 2011 et 2012. En 2013, 3 épisodes de pollution à l’ozone ont eu lieu dans le Gard et l’Hérault.
Du fait des mécanismes de formation et de dispersion atmosphérique, des concentrations élevées en ozone peuvent être observées loin des zones où les polluants précurseurs ont été émis, notamment en milieu rural ou périurbain. Par exemple, l’ouest des Pyrénées-Orientales et l’est du Gard peuvent parfois être sous l’influence de polluants émis respectivement dans la région de Barcelone et dans la zone de Fos-Berre ou de la vallée du Rhône.

Dépassements de la valeur cible de concentration en ozone pour la protection de la santé humaine (Source : Air LR - SRCAE)  en grand format (nouvelle fenêtre)
Dépassements de la valeur cible de concentration en ozone pour la protection de la santé humaine (Source : Air LR - SRCAE)

Des concentrations en particules à surveiller

Les particules émises dans l’atmosphère ont des origines diverses (trafic routier, chauffage, industrie, agriculture), mais ce sont principalement celles issues du trafic routier qui sont à l’origine des dépassements de seuils réglementaires. En hiver, pour les particules les plus fines (PM2,5) peut s’ajouter l’effet des émissions du secteur résidentiel (chauffage). Pour les particules de diamètre inférieur à 10 µm (PM10), les concentrations dans l’air restent en deçà de la valeur limite et de l’objectif de qualité, mais ce dernier est approché en proximité de trafic routier et pourrait être dépassé. Il ne se dégage pas de nette tendance à la baisse ces dernières années (les méthodes de mesure ont changé en 2007 et l’on ne dispose donc pas de suffisamment de recul pour apprécier les tendances). En outre les procédures d’information et de recommandation liées à des pics de pollution ont dû être déclenchées 1 fois en 2012 et 10 épisodes de pollution aux particules PM10 ont été enregistrés en 2013 dans l’Hérault.

Un suivi et des objectifs exigeants ont été plus récemment introduits au niveau européen et national pour les particules très fines (de diamètre inférieur à 2,5 µm), les plus nocives. Si les valeurs limites à ne pas dépasser sont respectées (27 µg/m3 en 2012 abaissée à 25 à compter de 2015), l’objectif de qualité à plus long terme (10 µg/m3) n’est pas atteint à proximité du trafic routier et dans toutes les zones où des mesures ont été faites (Montpellier, Nîmes, Perpignan).

En ce qui concerne les tendances d’évolution, comme pour les oxydes d’azote, les émissions et concentrations devraient être à la baisse. Mais à l’horizon 2015, les valeurs limites ne seront pas respectées à proximité de tous les axes routiers.

Des concentrations élevées en benzène dans certains centres urbains

Le benzène est un polluant classé comme cancérigène. Il est émis principalement par le transport routier. Autour des axes de trafic de Montpellier, de Nîmes, de Perpignan, d’Alès et du Biterrois, les concentrations moyennes en benzène ne respectent pas l’objectif de qualité de l’air fixé par la réglementation à 2 μg/m3. En revanche, la valeur limite maximale autorisée de 5 μg/m3 est respectée.

Des exigences respectées pour les autres polluants réglementés

A l’exception de ceux cités ci-dessus, pour tous les autres polluants réglementés, les valeurs limites et objectifs définis par la réglementation sont respectés dans la région. En particulier, les émissions du secteur industriel (dioxyde de soufre – SO2 -, métaux…), si elles ne sont pas à négliger et peuvent encore être réduites, sont plus localisées et ne conduisent plus aujourd’hui à des dépassements des seuils réglementaires de qualité de l’air.



Télécharger :

  • NOx (format pdf - 11.7 ko - 05/02/2014)
  • µg (format pdf - 9.8 ko - 05/02/2014)
  • O3 (format pdf - 12.4 ko - 05/02/2014)
  • COV (format pdf - 11.3 ko - 05/02/2014)
  • PM (format pdf - 12.9 ko - 05/02/2014)
  • Benzene (format pdf - 11.5 ko - 05/02/2014)