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Écologie

Le Plan national d’actions en faveur du Faucon crécerellette (Falco naumanni)

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publié le 4 décembre 2013

Télécharger le PNA Faucon crécerellette 2011-2015 :

Cartographie des zones à enjeu en Languedoc-Roussillon pour le PNA Faucon crécerelette

Consulter la cartographie en ligne de la Dreal

Présentation de l’espèce

Faucon crécerellette mâle - Iker ELOSEGI

Le Faucon crécerellette est l’un des plus petits faucons européens. C’est une espèce strictement protégée, classée en statut « vulnérable » sur la liste rouge nationale de l’UICN. Ce migrateur hiverne en Afrique subsaharienne et est présent en France sur une période de 7 mois, de début mars jusqu’au début du mois d’octobre. C’est un rapace qui niche en colonies et chasse en groupes. De plus, il nidifie principalement dans des cavités situées sous les toitures ou dans les murs des habitations humaines ou des bâtiments agricoles, mais parfois aussi dans des falaises rocheuses.
Le premier Plan National d’Action en faveur du Faucon crécerellette a été lancé en 2002. Avec 350 couples en 2013, l’effectif de la population française montre une évolution positive depuis 1983, d’abord en Crau (PACA) puis dans l’Hérault (LR) où la colonie spontanément installée dans un village et découverte en 2002 joue depuis lors un rôle de plus en plus important dans cette dynamique. Un palier semble atteint depuis 3 ans, principalement du fait de la stagnation en Crau. Ce premier plan a permis une avancée majeure de l’état des connaissances tant dans l’aire de nidification que dans l’aire d’hivernage, le renforcement de la viabilité de la population de la plaine de Crau, ainsi que la création d’un troisième noyau de population dans l’Aude (par réintroduction de poussins issus d’élevage en captivité, LIFE05NAT/F/000134).

Evolution des effectifs de la population française de Faucon crécerellette 1983-2013

On constate chez cette espèce coloniale que les effectifs augmentent mais que sa distribution évolue beaucoup plus lentement. Les individus préfèrent s’insérer dans les populations voisines plutôt que de créer de nouveaux noyaux de reproduction. La dynamique est cependant aujourd’hui jugée suffisamment bonne pour que des opérations de renforcement/réintroductions ne soient plus nécessaires, même s’il reste de vastes secteurs potentiels à recoloniser en France méditerranéenne.

Répartition de l’espèce

Répartition européenne du Faucon crécerellette

L’aire de répartition du Faucon crécerellette s’étend à travers la zone méditerranéenne de l’Afrique du Nord et de l’Europe du sud ; puis se prolonge vers l’est à travers certains pays du Proche et du Moyen-Orient.

Dans le sud de la France, le Faucon crécerellette utilise la steppe de la plaine de la Crau et les paysages viticoles du Languedoc-Roussillon où existe une importante diversité d’habitats ouverts (vignes, friches, prairies, garrigues basses…). 
La population française se distribue ainsi en 2013 dans 3 sites des régions Languedoc-Roussillon et PACA :

  • La plaine de Crau
  • La vallée de l’Hérault et annexes
  • La basse plaine de l’Aude

Menaces et causes de disparition en Languedoc-Roussillon

L’espèce montre une extrême sensibilité aux conditions de son environnement. Plusieurs causes sont invoquées : Historiquement le tir direct et le dérangement ainsi que la destruction des habitats dans l’aire de nidification ont joué un rôle important mais les difficultés dans les quartiers d’hivernage africain (sécheresses sahéliennes des années 70-90) semblent aussi avoir été prégnant pour toute la population ouest-européenne.

Dans l’aire de nidification actuelle en France, les principales causes pouvant agir sur les effectifs sont :

  • Les pertes en habitats d’alimentation : elle peut être due à la diminution de la diversité des habitats (monocultures, abandon de l’élevage) cependant l’augmentation des friches viticoles en LR semble actuellement compenser favorablement ces pertes.
  • L’utilisation de pesticides  : elle peut entraîner la diminution des disponibilités alimentaires et augmenter les risques d’intoxication
  • La disponibilité en sites de nidification : c’est un frein potentiel à l’évolution des effectifs nicheurs et un facteur limitant à la colonisation de nouveaux secteurs présentant des habitats d’alimentation propices en Crau (PACA) mais qui s’est peu exprimé pour l’instant en LR (Aude), la disponibilité au sein des villages semblant très satisfaisante dans l’Hérault.
  • La prédation au nid  : elle semble plutôt anecdotique en LR (en habitat « urbain ») et ne posait vraiment souci qu’en Crau en lien avec la vulnérabilité des sites de nidification au sol (tas de pierres). Celle-ci a pour conséquence une limitation de la productivité de poussins et un impact sur la survie des adultes. Néanmoins un transfert progressif de la population sur le toit des bergeries par installation de nichoirs est réalisé depuis de nombreuses années et les paramètres de productivité/survie sont ainsi devenus beaucoup plus satisfaisant en Crau à présent.
  • La mortalité directe des individus sur les éoliennes : en France 1 cas a d’abord été documenté dans les Bouches-du-Rhône au sud de la Crau et surtout 13 cadavres ont été récoltés en 3 ans sous un parc de l’Hérault situé à proximité du cœur de la population languedocienne. De nombreux autres cas de mortalité sont connus en Espagne. L’espèce ne montre en fait que peu de comportement d’évitement vis-à-vis des éoliennes et se montre donc très sensible à leur impact direct. Ces mortalités sont d’autant plus pénalisante qu’elles touchent un grand nombre d’oiseaux reproducteurs durant le printemps et le début d’été avec des échecs collatéraux probables de nichées et n’ont fait que s’amplifier d’année en année depuis 2011, faute de mesures suffisantes à ce jour (systèmes de détection/effarouchement/arrêt nécessaires sur l’ensemble des éoliennes des parcs existants situés à proximité de zones de reproduction ou de dortoirs post-nuptiaux).
  • Quelques cas de mortalités sous des pylones électriques sont également connus. Ils ont jusque-là fait l’objet de corrections rapides de la part d’ERDF mais la difficulté de distinction des immatures et femelles avec ceux du faucon crécerelle, par ailleurs régulièrement électrocuté, nécessité d’accroître la vigilance dans les secteurs occupés.

Le PNA en actions

L’objectif principal du second PNA 2011-2015 est de développer la population française du crécerellette afin d’atteindre le seuil de 6 populations différentes en France. Pour cela, 5 objectifs ont été définis :

  • Suivre pour évaluer la réussite des actions
  • Maintenir ou améliorer la croissance des populations existantes
  • Favoriser l’apparition de nouveaux noyaux de population
  • Agir durant les périodes de migration et d’hivernage
  • Sensibiliser et informer

Les acteurs du PNA :

  • La DREAL Languedoc-Roussillon coordinatrice du plan
  • La LPO nationale, opérateur national du PNA
  • La LPO de l’Aude et la LPO de l’Hérault, opérateurs régionaux 
  • Le comité de suivi, constitué de différentes administrations, collectivités, associations, de scientifiques et experts.

Un exemple de réussite : la réintroduction dans l’Aude, l’amorce d’une nouvelle population

Après des tentatives de réinstallation spontanée de couples isolés en 2004 et 2005 dans des nichoirs à Rollier, l’opération de réintroduction réalisée de 2006 à 2010 dans le cadre d’un LIFE, a permis d’amorcer la formation d’une nouvelle population à proximité d’un ancien site de nidification abandonné depuis les années 60. Cette population encore fragile améliore année après année la valeur de ses paramètres démographiques. En 2013, 20 couples ont produit 62 jeunes à l’envol. Dans l’Aude, deux types de sites ont été aménagés pour capter la population réintroduite : des nichoirs sont installés à l’intérieur d’anciens cabanons agricoles et des nichoirs en bois ont été posés sur les poteaux électriques et la façade de bâtiments agricoles. Il est intéressant de noter que depuis 2012 le village voisin a pu être colonisé à son tour malgré un faible taux de toits favorables.

Téléchargements :

Lien vers site Web du PNA FC

Plaquette sensibilisation PNA FC

Plaquette toiture PNAFC - LPO34 (format pdf - 1007.7 ko - 04/12/2013)