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Les gorges de la Cesse et du Briant, et les causses de Minerve

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publié le 21 janvier 2016 (modifié le 22 janvier 2016)

classés parmi les sites du département de l’Hérault, par décret du 14 janvier 2016.

Une reconnaissance nationale

Ce classement représente une reconnaissance, celle d’un patrimoine hors pair, d’un intérêt national qui érigent ce site au rang des plus prestigieux. Il constitue un élément majeur de mémoire pour le Minervois, recelant des valeurs identitaires déterminantes pour le développement local tant social, économique que culturel.
L’objectif du classement est de respecter l’esprit des lieux, de conserver les caractéristiques du site et de préserver l’écrin paysager de Minerve, site soumis à une forte fréquentation touristique.

Un territoire de transition

D’une superficie de 2848 hectares, il s’étend, dans le département de l’Hérault, sur les communes d’Azillanet, Cesseras, La Caunette, La Livinière, Minerve et Siran.
En piémont sud de la Montagne Noire, à 44 km au nord-est de Carcassonne, 32 km au nord-ouest de Narbonne et 46 km à l’ouest de Béziers, la cité de Minerve occupe un éperon rocheux délimité par la confluence de la Cesse (un affluent de l’Aude) et du Briant.
Le territoire classé est un territoire de transition entre les contreforts de la Montagne Noire et la plaine de l’Aude.

Histoire et géologie intimement mélées

Minerve, capitale historique du pays minervois, a dû au haut Moyen Âge faire partie d’une ligne de places fortes défendant la marche septentrionale de la Septimanie wisigothique. La valeur défensive de son éperon prit toute son importance au moment de la croisade contre les Albigeois. Ici, l’histoire et la géologie sont intimement mêlées. En cela, Minerve se fond dans son paysage. Minerve est minérale. Plus encore karstique. Elle est issue de ce paysage de canyons et de causses, de falaises ruiniformes, de ponts naturels et de grottes, de ce paysage sans eau façonné par l’eau. Seules les auréoles colorées des parcelles de vigne, sur les affleurements marneux des causses et les coteaux au sud, tranchent sur le vert grisâtre des garrigues assurant la transition entre les zones viticoles du sud et de l’est.

Un intérêt pittoresque reconnu

Il y a une monumentalité saisissante dans les constructions karstiques du territoire de Minerve. Les deux ponts naturels de la Cesse – classés au titre des sites le 26 mai 1926 –, les gorges et leurs impressionnantes falaises ruiniformes, la confluence de gorges même qui détache l’éperon rocheux de la cité en font des curiosités naturelles que l’on vient découvrir autant que la cité et son passé historique. Plus encore, l’insertion de la cité dans son paysage de gorges et de causses définit son échelle, lui confère sa véritable dimension pittoresque qui n’a pas échappé aux érudits de la 1re moitié du 19e siècle.

Les gorges de la Cesse décrivent des méandres et, par deux fois, en amont immédiat de Minerve, la rivière a recoupé un ancien méandre. Elle l’a fait en creusant dans l’épaisseur des calcaires à alvéolines deux tunnels naturels qu’elle a progressivement élargis et qu’on peut parcourir quand la rivière est à sec : le Petit Pont sur une longueur de 110 m, et le Grand Pont sur une longueur de 250 m qui débouche au pied de l’éperon rocheux de Minerve par une large ouverture de 40 m de haut. Les routes en balcon de part et d’autre de la Cesse offrent de belles vues sur ces ponts naturels remarquables

Un intérêt historique à plusieurs titres

 Une occupation humaine depuis 450 000 ans avec une multitude de vestiges d’habitats de toutes les époques de l’histoire démontrent l’intérêt historique de ce territoire : habitats troglodytes dans les canyons de la Cesse, grottes (dont l’Aldène, classée MH), dolmens dont certains sont classés MH, oppidums, nécropoles, anciens ouvrages hydrauliques (ponts, moulins, béals…), capitelles, murets en pierre sèche, anciennes carrières de marbre et/ou de meules, anciennes mines de lignite et de phosphate.
Haut lieu du catharisme, il fut le théâtre de l’épisode tragique du siège de Simon de Montfort, au moment de la croisade des Albigeois, marqué par la chute de Minerve le 22 juillet 1210 après la destruction de l’unique puits suivie de la condamnation de 150 hérétiques au bûcher dressé au fond des gorges en contrebas de l ‘éperon rocheux.

Un patrimoine géologique

L’intérêt scientifique n’a pas été retenu par le Conseil d’État. Il convient de rappeler cependant, que les gorges de la Cesse, du Brian et les deux ponts naturels de la Cesse, recensés dans le cadre de l’inventaire du patrimoine géologique du Languedoc-Roussillon, font ainsi partie des 120 sites d’intérêt géologique identifiés par la Conférence permanente du patrimoine géologique et le Comité national du patrimoine souterrain.
Il faut aussi rappeler que les causses du Minervois sont inscrits à l’inventaire Natura 2000, tant au titre de la directive habitats (un des 12 sites majeurs du Languedoc-Roussillon pour les chiroptères), qu’au titre de la directive oiseaux (notamment, présence d’un couple d’Aigle royal dans les gorges du Briant).

Minerve
la cité
le grand pont
le petit pont
les corniches de la Cesse
les gorges du Briant
Minerve 2
Minerve 3
Minerve 4