Les impacts de la qualité de l’air
► Impacts sur la santé :
Les effets à long terme faisant suite à des expositions chroniques tout au long de la vie provoquent le développement ou l’aggravation de maladies chroniques (cancers, pathologies cardiovasculaires et respiratoires, troubles neurologiques, troubles du développement, etc.). Ils sont également à l’origine de l’augmentation de surmortalité et de baisse de l’espérance de vie.
Selon Santé Publique France, la pollution de l’air serait responsable de 47 000 décès prématurés par an en France (40 000 liés aux PM2,5 et 7000 liés au NOx). Ainsi l’exposition à la pollution de l’air ambiant représente en moyenne pour les personnes âgées de 30 ans et plus une perte d’espérance de vie de près de 8 mois pour les PM2,5.
► Impacts sur la biodiversité :
Outre les impacts sur la santé humaine, la pollution de l’air est à l’origine d’impacts sur la biodiversité. En effet, la forte concentration en certains polluants provoque des nécroses des végétaux et réduit ainsi leur croissance.
Les polluants participent également à l’acidification des pluies qui sont en lien avec la dégradation du sol et le dépérissement des forêts.
La dégradation de la qualité de l’air impacte aussi les animaux au même titre que les humains. On estime que la pollution atmosphérique sera à l’origine de 10 % de la perte de biodiversité d’ici à 2100.
► Impacts économiques :
Le coût global de la pollution de l’air dans le monde
Une estimation de la Banque mondiale montre que le coût global des pertes économiques dues à l’impact de la pollution de l’air sur la santé est de 8 100 milliards de dollars par an, soit 6,1% du PIB mondial perdu. Ces pertes sont plus élevées dans les pays les moins avancés économiquement.
Le coût global de la pollution de l’air en France
Selon la dernière évaluation effectuée pour la France dans un rapport du Sénat de 2015, les impacts de la pollution de l’air coûtent chaque année en France entre 1 150 et 1 600 € par habitant. Ces impacts sont à l’origine d’une perte d’environ 4% du PIB de la France, soit 72 à 101 milliards d’euros de pertes économiques par an, parmi lesquels :
• Le coût des 40 000 décès prématurés annuels en France évalué à 48 milliards d’euros par an.
• Le coût des hospitalisations et des soins entraînés par les pathologies dues à la pollution de l’air qui s’élève à plus de 3 milliards d’euros par an.
• Le coût de la perte de productivité et des arrêts de travail qu’entraînent les pathologies dues à la pollution de l’air qui est de 165 millions d’euros par an.
• Le coût de la dégradation des bâtis et des réfections à 3,4 milliards d’euros par an.
• Le coût de la baisse des rendements agricoles et forestiers à un peu moins d’un milliard d’euros par an.
source : infographie Les Echos à partir de Jean-François Husson et Leila Aïchi. Rapport fait au nom de la commission d’enquête sur le coût économique et financier de la pollution de l’air. Sénat (2015)
Santé publique France a estimé en 2025 que les maladies chroniques dues à la pollution de l’air étaient à l’origine de 13 milliards d’euros de pertes économiques chaque année en France. Cette estimation n’intègre pas le coût des décès prématurés.
Le coût de la pollution de l’air intérieur
Par pollution de l’air intérieur on entend la pollution de l’air extérieur mal évacuée des logements du fait d’un manque de ventilation, les cheminées ouvertes, le tabac, le radon, et dans une moindre mesure la pollution générée par les gaz polluants émis par certaines peintures, bougies aromatiques, matériaux et produits ménagers.
L’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI) a estimé en 2014 que la pollution de l’air intérieur était responsable de 20 000 décès prématurés chaque année en France conduisant à un coût financier de l’ordre de 19 milliards d’euros de pertes économiques par an.
L’étude de l’OQAI prend en compte la mortalité prématurée du fait des maladies, des pertes de bien-être et de qualité de vie dues aux années en mauvaise santé, les pertes de productivité, le coût des soins, des recherches publiques et de la prévention, etc.
Les pertes de rendements agricoles en France
L’ozone de basse altitude est un polluant de l’air qui réduit la croissance des plantes, et impacte donc à la baisse les rendements agricoles. L’Ineris estime notamment que la pollution à l’ozone de basse altitude est responsable d’une perte de rendement de blé tendre et de pommes de terre en France de 5 % à 15 % en fonction des années.
Une étude de l’Ademe montrait qu’en 2010, l’ozone de basse altitude était responsable d’environ 2,2 milliards d’euros de pertes économiques pour la production agricole en France :
• Pour le blé tendre, près de 1 milliard €
• Pour les prairies, plus de 1 milliard €
• Pour les pommes de terre, plus de 200 millions €