Projet de création d’un troisième site de relâcher pour l’espèce Gypaète barbu Gypaetus barbatus au Roc du Salidou dans le Gard

Résumé

Le projet s’inscrit dans le programme de réintroduction du Gypaète barbu engagé dans les Grands Causses depuis 2012, dont l’objectif est de constituer un noyau de population fonctionnel dans le sud du Massif central afin d’assurer la continuité écologique entre les populations alpines et pyrénéennes.

Objet de la consultation

Depuis le début des opérations, quarante-trois jeunes individus ont été libérés dans le milieu naturel entre 2012 et 2025. Ces actions s’inscrivent dans le cadre d’autorisations ministérielles successives, dont l’arrêté du 4 mai 2022 actuellement en vigueur autorise l’introduction d’individus et les activités connexes jusqu’au 31 décembre 2029.
La présente demande vise à créer et utiliser un troisième site de libération situé au Roc du Salidou, sur la commune de Dourbies dans le département du Gard. Ce site constitue une falaise calcaire caractéristique des Causses méridionaux, offrant des conditions favorables à l’installation temporaire de jeunes gypaètes dans le cadre de la méthode de taquet. La création de ce site répond à un besoin de sécurisation opérationnelle du programme, de diversification des lieux de lâcher et d’optimisation de la dynamique de constitution du noyau de population du Massif central. Cette étude est portée par la Ligue de protection des oiseaux en partenariat scientifique avec le parc national des Cévennes.

La finalité du projet est strictement conservatoire et s’inscrit dans la stratégie nationale et européenne de restauration du Gypaète barbu. Il contribue directement aux objectifs du Plan national d’actions en faveur de l’espèce et au programme LIFE GYP’ACT, qui visent à assurer la viabilité de la métapopulation française, à renforcer la connectivité entre massifs et à favoriser l’extension de l’aire de répartition. La création d’un site supplémentaire de libération doit permettre de consolider l’installation progressive d’individus reproducteurs dans le sud du Massif central, d’augmenter les probabilités d’appariement, de réduire les contraintes liées à la saturation potentielle des sites historiques et d’améliorer la résilience globale du programme face aux aléas techniques ou biologiques.

Les jeunes gypaètes destinés à la réintroduction proviennent de centres d’élevage du réseau européen EEP coordonné par la Vulture Conservation Foundation, conformément aux modalités déjà autorisées. Le nombre maximal d’individus susceptibles d’être transportés et relâchés s’élève à huit par an selon les disponibilités biologiques et les capacités d’accueil.
Le transport est assuré dans des conditions spécialisées garantissant le bien-être des animaux, pour une durée inférieure à quarante-huit heures, avec utilisation de caisses adaptées, contrôle vétérinaire préalable et traitements antiparasitaires.
La technique de libération repose sur la méthode du taquet consistant à installer les jeunes oiseaux sur une vire aménagée en falaise, où ils sont nourris sans contact humain direct jusqu’à l’envol naturel. Le site du Roc du Salidou a été sélectionné sur des critères écologiques, topographiques et de tranquillité, garantissant l’absence de dérangement majeur, une exposition favorable, une accessibilité technique maîtrisée et l’absence de concurrence territoriale directe avec des couples déjà installés.
Avant leur libération, les individus font l’objet d’un marquage réglementaire comprenant baguage, marquage alaire et pose de balises GPS, permettant un suivi post-envol à court et long terme. Des prélèvements biologiques peuvent également être réalisés à des fins scientifiques. Les données recueillies sont intégrées aux dispositifs nationaux de suivi de la biodiversité.

Les documents

La consultation

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